Kota Bharu

Jungle Train

Prêts pour la grande traversée de la Malaisie !

Nous prPirogue sur la rivière Tembelingenons la pirogue que nous avions réservée auprès de Travel Han peu avant 9h. La brume peine à se détacher de la forêt tropicale. Nous quittons à regrêt ce lieu attachant et, même si nous n’y avons passé que 3 jours, nous savons que nous y reviendrons, notamment pour les treks dans la jungle ou pour passer une nuit dans l’un des observatoires du Parc pour surprendre la vie nocturne des animaux tropicaux.

Cette fois, nous descendons le courant de la rivière Tembeling. Le trajet ne durera cette fois que deux heures. Nous verrons un varan prendre son bain dans la rivière.

Arrivés à Kuala Tembeling, nous prenons un taxi pour la gare de Jerantut où nous devons prendre le train pour Kota Bharu. Sur les billets que j’ai réservés par Internet, il était indiqué un départ à 12h46, mais lorsque nous arrivons à la gare, le départ affiché est en fait à 12h30 ! On a bien fait d’arriver un peu en avance. J’en profite pour aller acheter un nasi lemak à emporter dans un petit restaJungle Train en gare de Jerantuturant à côté de la gare : çà permettra de tenir les 6h30 de trajet qui nous attendent.

Bien qu’il soit parti de Singapour, l’Express arrive avec à peine 5 minutes de retard sur l’horaire affiché. Nous traversons des régions aux paysages très divers : jungle dense, zones montagneuses, bananeraies, palmeraies et partout de larges rivières à l’eau particulièrement boueuse. Notre train s’arrête parfois de longues minutes en pleine jungle, peut-être pour accueillir quelques paysans allant vendre leurs produits dans les marchés.

Le train arrive finalement à Wharf Bharu à 18h50, comme prévu. Après une âpre négociation sur le coût de la course, nous partons en taxi pour Pasir Belanda, notre prochaine étape. C’est un lieu charmant, composé de six chalets traditionnels en bois, tenu par un couple de Hollandais venus s’installer ici il y a quelques années après être tombés amoureux de la région. Le cadre est magnifique, situé sur la rive d’une petite rivière, les hôtes charmants et le personnel qui les aide très efficace. De plus, il y a de nombreux jeux pour les enfants : bac à sable, balançoire, cabane dans un palmier. Le bonheur, quoi !

Nous séjournerons ici les deux nuits suivantes, mais comme pour cette première nuit les chalets sont tous complets (et comme convenu à l’avance avec notre hôte), nous allons dormir chez un ami du couple de Hollandais qui habite à un kiliomètre d’ici (au Chalet Cikgu) . Ce dernier est tout aussi agréable et c’est dans des lits bien douillets que nous nous reposons après ce long périple.

 

Kota Bharu côté ville

La douce clareté du jour nous a sorti de notre sommeil réparateur. A peine quelques pas dans le jardin de notre hôte que celui-ci vient à notre rencontre pour nous faire découvrir ses arbres fruitiers. Et çà tombe bien car nous sommes en pleine sDans le village d'artisans (Kampung Kraftangan) de Kota Bharuaison des mangoustans et des remboutans. Ceux qu’il cueille pour nous dans son verger sont réellement excellents !

Après un copieux petit déjeuner (et le transfert de nos bagages à Pasir Belanda), nous partons en taxi découvrir Kota Bharu, à commencer par son village d’artisans (Kampung Kraftangan), où l’on peut voir travailler ces derniers.

Le village d’artisans est construit de manière traditionnelle : des maisons villageoises autour d’une place centrale.

Ces maisons (kampung house) sont faites en bois et surélevées par des piloris pour abriter le bétail et protéger ses habitants des inondations et des animaux sauvages. Pour une meilleure ventillation, la configuration intérieure est décloisonnée avec une grande pièce reclangulaire servant de lieu de vie, les chambres sont délimitées par des rideaux, la cuisine est séparée, à l’arrière de la batisse. A l’origine recouvertes de chaume, ces maisons le sont désormais de tuiles.Fabrication de batik

Côté artisanat représenté ici, le Batik tient une place prépondérante. Le Batik compte parmi les arts traditionnels les plus populaires en Malaisie, bien qu’il fut importé d’Indonésie dans les années 1930. Le procédé consiste à appliquer de la cire fondue sur les endroits du tissu qui doivent être préservés avant trempage dans la teinture.

On commence par les tons les plus clairs. Après séchage, l’opération peut être renouvellée avec une autre couleur. Au final, on obtient un tissu où se mèlent différents tons plus ou moins contrastés, juxtaposés ou superposés.

Autre objet dont la fSur le marché de Kota Bharuabrication nous a marqué : le kris, poignard malais qui occupe une place de choix dans la culture de ce peuple. Symbole d’honneur, il est aussi réputé pour être doté de pouvoirs surnaturels. Finement ciselé et ajusté, la tradition veut que soit offert un kris à chaque jeune homme lorsqu’il passe à l’age adulte.

A quelques pas de là, se trouve un lieu que nous avons trouvé paticulièrement agréable à parcourir : le marché central. Quelles couleurs ! Que de parfums qui se mèlent ! Ce sont les femmes, portant sarong et voilées de tudong multicolores qui tiennent ici le commerce. Assises -parfois même assoupies- au milieu des fruits et légumes, elles attendent le chaland.

 

A la nuit tombée, c’est un autre spectacle qui nous attend : celui du marché de nuit. Là, sur plusieurs rues se tiennent des dizaines d’étals de vêtements à des prix très intéressants. Ces stands sont pour la plupart tenus par des chinois, ethnie très présente parmi la population malaisienne. Les chinois sont établis significativement depuis le XVème siecle, la deuxième vague d’immigration ayant eu lieu au XIXème siecle. Leur idéal de prospérité permit à nombre d’entre eux de s’élever dans la hiérarchie sociale. Des chinatown se sont ainsi développées dans de nombreuses villes, comme à Kota Bharu et à Kuala Terengganu, pourtant bastions malais. Dans ces villes chinoises, des kongsi, ou associations claniques, constituaient la première étape de tout nouveau migrant chinois.

Protégeant les intérêts de leurs membres, les kongsInscription à l'entrée d'un temple taoïstei réaffectaient logements et emplois, encourageaient l’éducation et servaient aussi de banques. Mais depuis plusieurs décennies, les chinois sont perçus comme ayant acquis trop de pouvoir sur le plan économique. C’est ainsi que depuis 1969, l’Etat a montré une volonté politique de favoriser davantage l’ethnie malaise avec l’introduction du concept de bumiputera, dont le but était de promouvoir une plus grande égalité des chances pour les groupes ethniques laissés pour compte, face à la domination économique des communautés chinoise et indienne : accès au logement subventionné ou à l’éducation supérieure.

Après avoir goûté à la cuisine locale (brochettes de poissons, de champignons, de boeuf, de tofu), nous regagnons Pasir Belanda.

 

Kota Bharu côté campagne

Nous allonsPromenade à vélo dans la campagne de Kota Bharu découvrir aujourd’hui la campagne malaise lors d’un tour en vélo concocté par nos hôtes. C’est sur deux antiques bicyclettes, munies de sièges enfants, que nous nous élançons sur les routes étroites et sinueuses de l’arrière-pays de Kota Bharu. Le circuit de 18 km nous permet de découvrir les petits villages alentour, un fabriquant de cerf-volants (très différents de ceux que nous avons vus en Indonésie) ainsi qu’un village de pêcheurs avec ses bateaux très colorés. Sur notre passage, aucun enfant n’oublie de nous lancer un grand « hello », auquel ne manquent pas de répondre en coeur nos deux chats, juchés sur leurs trônes à roulettes.Chez le fabriquant de cerf-volants

Le circuit nous conduit également, de façon très opportune, sur une des immenses plages désertes qui bordent la mer de Chine. Au loin, quelques bâteaux de pêcheurs remontent leurs filets. Le bain est une vraie douceur après tous ces kilomètres, l’eau avoisinant les 32°C …

L’après-midi se passera à se reposer dans notre châlet, avec un gros bonus pour Nadine et moi : une heure et demi d’un excellent massage malaisien …

 

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